LES BRÛLÉES 

Le geste pour le moins radical auquel renvoient les "Brûlés" atteste de la disparition programmée du tableau. Livrée au feu, la toile n'est que le reliquat de sa combustion entamée…S'agit-il ici de tableaux ou d'images comme on l'entend ? Plus vraiment ; plutôt des "peaux de peinture", des lambeaux tactiles arrachés au flux temporel, soustraits au feu ; fragiles témoins de l'image et du tableau. Des lambeaux de peinture, des reliques ou figures indicielles conservées sous verre, comme préservées pour un temps de l'érosion finale dont elles sont déjà porteuses. Par cette ultime résistance à l'entropie, ces restes de peaux, de toiles peintes avec leurs trous, leurs manques, n'ont de cesse de nous figurer encore ...

THE BURNS

The radical gesture referred to by the "Brûlés" attests to the programmed disappearance of the painting. Delivered to the fire, the canvas is only the residue of its started combustion ... Are these paintings or images as we understand it? Not really; rather "paint skins", tactile scraps torn from the flow of time, withdrawn from the fire; fragile witnesses of the image and the painting. Scraps of paint, relics or indicative figures preserved under glass, as if preserved for a time from the final erosion of which they already bear. Through this ultimate resistance to entropy, these remains of skins, of painted canvases with their holes, their lacks, never stop appearing to us ...